vendredi 10 août 2012

Intermède in Gayndah


Comme je l'ai mentionné dans mon dernier blog, nous étions à Gayndah depuis la fin mars. À l'entrée du village, il y a un panneau où on peut lire: "Welcome in Gayndah, oldest town in Queensland". Lorsque nous y sommes arrivés, Gayndah était plein à craquer. Pas moyen de trouver une place de disponible dans un camping, motel ou hôtel. Pourtant, en considérant l'étendue du village (environ 1800 habitants), c'est pas les accomodations qui manquent: 2 terrains de camping, 3 motels, 3 hôtels. Néanmoins, tout était plein. Lorsqu'on demande à la propriétaire d'un des campings la raison de cet achalandage, elle nous répond: «Vous ne le savez pas encore? Gayndah c'est comme Londres ou Paris... Nah, c'est la saison des mandarines qui commence.»  Ah ben ouais... C'est pour ça que nous nous trouvions également là après tout ce chemin...  De toute évidence, nous n'étions pas les seuls.  On parle un peu avec la dame du camping, elle nous dit que toutes ses cabines, caravanes et terrains de tente sont occupés pour la nuit, mais que malgré sa liste de gens en attente, parce qu'on a de bonnes bouilles (j'ose assumer), si on se présente tôt le lendemain matin, une des caravanes devrait se libérer. D'accord, mais ouesqu'on allait passer la nuit asteure?? Le gros problème avec Gayndah, c'est qu'il n'y a RIEN à 150 km à la ronde. Heureusement, il y avait un rest area à l'entrée du village (avec des douches chaudes!) et c'est à cet endroit que nous avons passé notre première nuit à Gayndah.  Nous nous sommes représentés au camping tôt le lendemain et comme prévu, on nous a offert de louer une des caravanes, la plus vieille et la plus laide de toutes. À ce moment, c'est tout ce qu'y nous était offert à Gayndah comme accomodations abordables, autre que de s'installer à l'autre terrain de camping, qui ressemblait à Woodstock en Beauce.  Nous avons décidé de louer la caravane pour une semaine, le temps de se trouver un boulot sur une ferme. La caravane tombait en morceau et tout était retenu avec du duct tape. Au moins on avait notre propre lit... Après une semaine à dormir sur la route dans notre petite tente (dont une fois dans le désert parmi les scorpions), il s'agissait tout de même d'une hausse de confort appréciable.  Cette même journée, nous avons téléphoné à la propriétaire de la ferme d'agrumes dont nos camarades Français nous avaient refilé le contact. Le temps de se présenter au téléphone, de faire vérifier nos visas de travail, de remplir des formulaires et de se taper la lecture (en diagonale je l'avoue) du livret sur la sécurité au travail (qui était plutôt épais pour la nature du boulot en question), nous étions engagés comme cueilleurs et commencions 2 jours plus tard. Yesss! On ne pouvait s'imaginer mieux comme scénario.



Nos boss, un couple dans la fin soixantaine étaient en fait propriétaires de 2 fermes d'agrumes, "Beyenda" et "Top Citrus", ainsi que d'un "packing house". C'était une grande terre où étaient cultivés des citrons, des oranges, des pamplemousses et des mandarines en majorité.  On nous avait envoyé travailler sur la ferme de Top Citrus, qui était supervisée par le fils des propriétaires, Matt. Nos boss s'avéraient être très sérieux, structurés et sévères. En fait LA propriétaire était particulièrement bête, à la limite de la mésadaptation sociale, à l'exception des partys où on s'étonnait à la voir sourire et rire.  Heureusement pour nous, leur fils de 24 ans, s'avérait être plus sympathique et easy going, tout en étant un super fermier et patron. Nous avons donc atteri sur la bonne ferme! Durant nos premiers jours, nous avons cueilli des citrons. Le picking de citrons est certainement le plus chiant parmi les agrumes. Tout d'abord, il faut attendre les heures chaudes de la journée, car s'il ne fait pas suffisamment chaud lorsque le fruit est cueilli, la peau est propice à faire des bruises, c'est-à-dire des ecchymoses de citrons. Ainsi nous ne commmencions pas avant 10h ou 11h, juste avant le climax de température de la journée. Il faisait encore très chaud à cette période (début avril). Des fois, il fallait attendre 20-30 minutes car le citron n'était pas encore au point (il n'en a pas l'air, mais c'est capricieux un citron). Puis une fois que le OK était donné, nous rencontrions les citrons et leurs proches et nombreuses amies: les épines... Certaines font jusqu'à 4 pouces de longueur! Heureusement, nous avions des gants de cuir fournis. Tout de même, malgré les gants de cuirs jusqu'aux coudes, la chemise à manches longues, les bas coupés enfilés jusqu'aux épaules pour faire une couches de plus, les pantalons longs, la casquette et les lunettes de soleil, les épines trouvaient quand même leur chemin pour m'agresser... J'ai terminé ma première journée en maudissant les citronniers et en rugissant: «J'haïs ça, j'en ai plein le cul!». Il y a aussi dans l'histoire les grosses araignées qui font leurs immenses toiles entre les arbres (en plein où il faut mettre l'échelle). Leurs toiles sont vraiment impressionnantes, certaines d'entres elles ressemblent à des prismes de formes variées. Dommage de massacrer ces oeuvres avec mon échelle... Autre fait sur les citrons, il est préférable de les cueillir lorsqu'ils sont verts dans l'arbre (ensuite ils passent 3 jours dans une chambre à gaz qui les font mûrir et devenir jaunes), ce qui rend la tâche de distinguer les fruits des feuilles pas toujours évidente. Les citronniers sont également très grands et touffus, leurs branches poussent comme de la mauvaise herbe. Bref, le picking de citron ce n'est pas une partie de plaisir. Heureusement, notre ferme nous les faisait cueillir en snapping (les détacher de la tige à la main, similairement à la méthode pour cueillir une pomme ou une poire) et non en snipping (en coupant le fruit de la tige avec des ciseaux) comme le font plusieurs autres fermes, ce qui rend la tâche encore plus chiante. Nous étions payés au rendement (au nombre de "bin" cueillies), ce qui signifie qu'il faut alors se retransformer en machine pour obtenir une bonne paie. Tous les petits gestes comptent. Ainsi, il est préférable de ne pas s'arrêter longtemps et souvent, de remplir son sac à sa capacité maximale pour limiter les voyages à la bin, de courrir à sa bin pour aller vider son sac, de prendre plusieurs fruits à la fois, d'avoir les yeux rivés sur les prochains fruits à cueillir tout en cueillant d'autres fruits, de ne pas hésiter avec son échelle. Bref, on se tue à la tâche, mais notre voyage en Asie nous donnait la motivation de le faire. D'autant plus, l'argent récoltée n'était pas mal, ce qui nous faisait passer au-delà des désagréments. Dans les citrons, nous étions payés entre 70 et 80$ la bin. Une bin fait environ 4 pieds cube. Dans une journée moyenne de 6 heures je pouvais faire entre 2 et 3 bins, ce qui n'est pas une mauvaise paie. Pour Christian c'était entre 4 et 5 bins, ce qui s'avère être une très bonne paie. Le deuxième avantage à cueillir des citrons: ça sent vraiment bon! L'odeur est encore meilleure que celle de votre détergent ou de votre savon à vaisselle.



 
En cueillant des citrons


La prosmicuité avec les grosses araignées est chose courante dans le picking d'agrumes


Puis, les mandarines ont suivi. Cueillir des mandarines implique la maîtrise d'une technique différente car le fruit doit être coupé de la tige avec des ciseaux. En fait, il est important que la pelure soit intacte afin que l'air ne soit pas en contact avec le fruit. J'avais déjà expérimenté l'utilisation des ciseaux durant mes 3 jours de picking de raisins, mais là c'était une tout autre histoire car il fallait aller chercher les fruits dans un arbre.  Heureusement, les arbres de mandarine s'avéraient être moins grands, moins denses et moins épineux que les citronniers. Il y a majoritairement 2 variétés de mandarine sur notre ferme et nous avons débuté par cueillir la variété "Imperial". Ici en Australie, on appelle ce fruit une «mandarine», tandis que par chez nous, au Québec, on appelle la mandarine "impériale" une clémentine. Connaissez-vous l'histoire de la petite mandarine? (clin d'oeil à mes anciens collègues de camp de jour) Durant la cueillette de mandarine, nous commencions vers 7h ou 8h a.m., dépendament du point de rosé, et finissions lorsque cela nous le disait. Pour ma part, c'était presque toujours au crépuscule, aux environ de 5h00- 5h30 (le soleil se couche tôt à cette période de l'année car c'est l'hiver qui arrive). Pour la mandarine impériale, nous étions payés entre 90$ et 105$ la bin. Au début de la saison, nous faisions du "size picking". Cela signifie qu'il fallait seulement cueillir les plus gros fruits et laisser dans l'arbre les fruits qui passaient dans le "size ring" (l'anneau qui nous était fourni pour la circonférence de référence). Puis, à un certain point nous arrivions au "strip picking", ce qui signifie littéralement déshabiller l'arbre, donc on cueille tout, ce qui rend la tâche plus excitante. En moyenne, je faisais 2 bins par jour dans la cueillette de la mandarine impériale, ce qui me satisfaisais au point de vue salarial. Je dois dire qu'une fois la corne aux mains formée, je prenais presque plaisir à la tâche... Oui un sac rempli de mandarines c'est lourd et oui les journées sont parfois longues, mais avec de la musique dans les oreilles, les kangourous qui "chill" dans le champ en fin de journée et en s'imaginant être un ninja avec des "clippers" pour se donner un peu de courage, les journées passaient généralement bien.

Notre lieu de travail durant quelques semaines
Un des perroquets qui se bourre la face dans les mandarines. Joli mais mauvais pour les fruits.


L'art de remplir une bin


L'art de remplir un sac

Après notre première semaine de travail, nous avons demandé à notre matrone si nous pouvions installer notre tente sur le campement de la ferme. Nous attendions impatiemment les supers accomodations de ferme à 3$ par jour dont nous avaient décrits les Français qui y avaient vécus l'année d'avant. La fermière a bien accepté de nous prendre comme locataires et nous a attribué un carré d'herbe pour y piquer notre tente, à 2 pieds de distances d'une caravane à l'arrière et d'une tente de chaque côté. L'intimité n'y était certainement pas, mais les accomodations décentes oui: une grande cuisine tout équipée en stainless, des salles de bain bien entretenues, des laveuses qui fonctionnent la majorité du temps, de grands frigidaires pouvant entreposer la nourriture de tous les campeurs, deux gros congélateurs, une place pour faire un feu. Wow! C'était sans aucun doute le meilleur campement de ferme que nous avions connu. À notre arrivée, il y avait beaucoup de personnes retraités qui vivaient sur le campement dans leurs caravanes tout équipées.  Ces personnes travaillaient majoritairement au packing house (où ce fait le tri et l'emballage des fruits). Il semble être courant en Australie pour les personnes retraitées de voyager au pays dans leur "campervan" et de s'arrêter le temps d'une saison de fruit pour du travail de ferme. Pour l'occasion, nous nous sommes acheté une super tente. Une grande tente avec deux pièces, qui nous procuraient amplement d'espace, même lorsque notre lit queen y était installé. Le gros confort! Nous avions l'intention de rester à cet endroit pour toute la saison des mandarines, soit 4 mois. Cela valait donc la peine de bien s'installer. La tente que nous avions acheté à notre arrivée en Australie était alors rendue en lambeaux, après 4 mois d'utilisation. Il faut dire que nous avions bouger souvent auparavant et que le soleil intense rend la vie difficile aux tentes. Il faut aussi dire que les trucs "made and owned in Australia" sont plutôt de piètre qualité (genre comparable aux trucs "made in China" mais en plus chers) et que presque tout porte cette mention ici. C'est sans animosité envers l'Australie que j'affirme cela, c'est seulement que tout ce que j'y ai acheté ne m'a servi que très peu de temps... Après 9 mois à avoir expérimenté la vie ici, à avoir acheté, puis jeté plusieurs trucs, je confirme le fait.


Ainsi, les deux premiers mois à Gayndah furent plutôt occupés, la majeure partie de nos journée étant consacrée à la cueillette de citrons, de mandarines et à quelques reprises des pamplemousses. La cueillette de pamplemousses nous excitait particulièrement car c'est avec ce fruit que nous avons été en mesure de faire nos journées les plus payantes de tout le picking d'agrumes et de tout les temps pour ma part. Bien que le picking de pamplemousse soit plutôt simple au niveau technique, c'est très demandant au niveau physique. En effet, puisque les fruits sont très gros, le sac se rempli très vite. Ainsi, il faut faire beaucoup de voyage à la bin pour transvider les fruits. Ainsi nous passions la majorité du temps à courrir. Mon record dans les pamplemousses: 7 bins en 4 heures, à 30$ la bin! Cueillir les pamplemousses est également difficile au niveau des mains, puisqu'il faut forcer les doigts écartés pour décrocher les fruits. Certains étaient si gros que je devais les cueillir à 2 mains. Après le picking de mandarine qui m'avait fait faire des callosités un peu partout à l'intérieur des mains en raison de l'utilisation répétitives des ciseaux, j'avais maintenant l'impression de m'élargir les mains avec le picking de pamplemousse. Je m'imaginais ressortir du picking d'agrumes avec mes nouvelles mains larges et cornues.


Grosseur moyenne des pamplemousses cueillis en général. De l'or ou presque.
 
Le plus beau avec le picking d'agrumes est l'accès aux mandarines et au pamplemousses frais (si bons!) ainsi que de faire du jus de fruits 100% naturel et fraîchement pressé. C'était un vrai plaisir.  Le campement était également très occupé durant les premiers temps, car il accueillait les cueilleurs de 3 fermes ainsi que les gens qui travaillaient au packing house. Bien que c'était parfois le fouilli lorsque venait le temps de se faire à manger, c'était agréable de faire la connaissance d'autres voyageurs. Toutefois, c'était moins agréable de passer à l'arrière de ceux qui ne se ramassaient pas, des garçons dans le début de la vingtaine pour la plupart, qui semblaient sortir tout droit des jupes de leurs mères. Certains en étaient à leurs premières expériences culinaires et la cuisine pouvait parfois devenir un massacre. Christian fut consacré «le papa du campement», étant la principale personne à démontrer aux petits gars comment se faire cuire des repas simples, comment se servir d'un torchon et à ramener l'ordre par rapport au ramassage et nettoyage. La ferme et le campement étaient à un bon 20 minutes de conduite de Gayndah en tant que telle. Gayndah renferme une unique épicerie, grande comme ma main (avant que je cueille des pamplemousses), qui ferme à 18h00 à tous les soir à l'exception du jeudi où elle ferme à 19h00. Considérant que durant le temps de la cueillette, la majorité des travailleurs de Gayndah  termine leurs journées aux alentours de 17h00-17h30, il me semble que la seule épicerie du coin aurait pu faire un effort de conciliation... mais non. En plus, elle augmente les prix de tout durant cette période... gang de pas fins! Ainsi, le temps de se rendre au village après notre journée de travail, c'était la folie durant les minutes précédant la fermeture de la maudite épicerie. Non seulement il fallait faire la bousculade parmi les nombreux autres backpackeurs, mais il manquait toujours de stock, immanquablement de pain. Ainsi, nous avons décidé de faire nos courses à Bundaberg, une grosse ville qui est située à 2 heures de route de Gayndah, une fois aux 3 semaines. Cela nous permettait plus de variété aux niveaux des produits alimentaires et surtout des produits à prix plus raisonnables. Ainsi nous faisions des provisions, notre campement nous permettant d'entreposer de la nourriture avec les gros congélateurs fournis et notre grande tente nous permettant d'entreposer le reste qui ne nécessitait pas être au froid. À la fin, nous étions pas mal habitués par rapport aux achats, à s'en méprendre avec les Australiens. Nous avions établis nos préférences par rapport aux produits (après plusieurs essais et erreurs) et on savait où les trouver (ALDI all the way). La mayonnaise toutefois nous a donné du fil à retordre. En effet, la bonne mayonnaise est rare en Australie (la Hellmann n'est pas vraiment distribuée) et presque toutes ont un goût de plastique. Il nous a fallu 8 mois pour en trouver une pas mal (vive le ALDI!). Puisque nous vivions à l'extérieure de Gayndah et tentions d'y limiter nos achats, nous avons passé peu de temps dans le village en tant que tel. Nous y allions par-ci par-là pour faire des achats essentiels et occasionnels et pour voir des amis. À cette époque nous étions quelques uns à représenter le Québec à Gayndah. Néanmoins c'était les Français (encore) et les Koréens qui représentaient la majorité des backpackeurs sur les lieux. Comme on peut s'y attendre, à Gayndah, il n'y a rien qui y vaut vraiment le détour. Il y a une énorme orange à l'entrée du village à l'air sympathique mais à part ça... Suite à mes observations, le hobby local # 1 semble être: se mettre saoul (pourrait également être le hobby national de l'Australie). Puis  vient le hobby #2 qui semble être: se battre saoul.

 

À l'entrée de Gayndah


Le bonheur de presser des agrumes et surtout de boire le jus

 
Rendus à la mi-mai, la saison des mandarines impériales s'est terminée et presque tout le monde s'est barré. Presque tout le monde sauf nous et 7 autres personnes sur le camp. La majorité des voyageurs ont pris la direction du Nord, là où il fait plus chaud. Faut pas les blâmer, les nuits étaient devenues presque glaciales rendu à cette période de l'année. La chaufrette était de mise. Pourquoi donc rester à Gayndah se geler les fesses? Parce qu'on nous avait offert de faire du "pruning", c'est-à-dire de la taille d'arbres sur la ferme de Top Citrus, jusqu'à la cueillette de la 2ième variété de mandarine, 6 semaines plus tard. C'est toujours un drôle de sentiment quand beaucoup de gens s'en vont du même coup, tous sauf nous qui restent dans ce trou.  «Mmmmooooooiiii aaaauuuusssssiiiii-iiii-ii j'veux partir!» Il fallait ravaler car notre focus était sur le travail pour par la suite se barrer en Asie. Néanmoins, nous étions bien installés sur ce super campement pas cher qui nous permettait de sauver de l'argent par rapport aux accomodations. Ainsi, nous avons débuté la taille d'arbre de citrons et je me suis mise à désirer le picking. Le pruning consiste à enlever les branches qui pourraient être nuisible au développement des fruits de la prochaine saison ainsi qu'à la cueillette de ces fruits. Comme j'ai déjà mentionné, les citronniers sont touffus et poussent très rapidement. Ainsi nous avions un bon défi pour débuter notre nouvelle vocation. La coupe des branches se fait à l'aide de sécateurs branchés sur un compresseur à air qui est installé sur un tracteur entre les rangées d'arbres. Grâce au compresseur à air, peu de force est nécessaire pour actionner le sécateur et couper les branches, même les grosses branches de l'arbre. Néanmois, tenir le sécateur durant 8 heures par jour et le tenir à bout de bras la majorité du temps est très difficile. Je m'en suis ressenti beaucoup physiquement, plus que le picking, tout fruits confondus. Suite à ma première semaine, je me suis retrouvée avec des engourdissements constants au niveau du pouce droit. Ceux-ci se sont résorbés une couple de semaines plus tard suite à un bon massage (Merci Angela! Une pickeuse invétérée et une excellente massothérapeute. Quelle chance d'avoir pu bénéficier de ses services à même notre campement, particulièrement dans un endroit tel Gayndah.). Puis, les crampes aux mains sont devenues une réalité quotidienne. C'est toujours surprenant et un peu inquiétant lorsqu'on se réveille et qu'on doit faire un effort de concentration pour  étendre complètement ses doigts pour la première fois de la journée... Le pruning était un travail payé à l'heure au salaire minimum, qui est passé de 19,07$ à 19,63$ durant notre passage. Il était convenu de travailler 40 heures/semaine, ce qui nous permettait d'avoir une certaine routine: 5 jours de travail et 2 jours de congé. Néanmoins le travail en tant que tel était redondant et peu intéressant. Nous avions un peu perdu le concept du travail payé à l'heure et cela nous semblait alors si ennuyant. Nous avions du mal à y trouver notre source de motivation. Les journées de 8 heures nous semblait atrocement longues. Heureusement, les mp3 existent. Après les citronniers, nous avons fait les arbres de pamplemousse, qui sont moins chiants à tailler, mais le niveau d'ennuie reste le même: élevé. Vivement le picking que nous attendions impatiemment. Durant cette période, la vie fut très tranquille. Nous avions peu à faire de nos soirées et de nos journées de congé. Je me suis adonner à un nouveau hobby: observer les oiseaux. Il y en avait plusieurs très jolis et colorés qui habitaient et survolaient aux alentours de notre campement. C'était un bel environnement relaxant en cette période, du fait qu'il y avait peu de gens occupant les lieux. Nous avons tenté de se faire amis avec les kookaburras (les oiseaux les plus cool au monde). En leur offrant de la viande, plus particulièrement du steak haché, c'était dans la poche. Il y avait même un d'entre eux qui venait chercher la viande directement dans notre main. J'ai également profiter de cette période pour reprendre un loisir que j'avais mis de côté depuis trop longtemps: la lecture. Nous avons également regardé beaucoup de film sur l'ordinateur (notre bibliothèque de films et téléséries est maintenant bien pourvue), ce qui m'a permis de reprendre le temps perdu à ce niveau et de voir des films que je n'avais jamais vus auparavant (coup de coeur perso pour Domino et Horton Hears a Who!, parus respectivement en 2005 et 2008). J'avais également amplement le temps de m'ennuyer... La vie était vraiment tranquille... parfois trop. Pour vous donner une idée, lors d'une de nos journées de congé, Chris me demande: «Qu'est-ce qu'on a à faire demain?» «2 brassées de lavage, de la sauce à spaghetti et ma coloration de cheveux...» que je lui répond.  Les deux: «Ouf! Grosse journée!».



 
Chris avec un sécateur à air


Au début du pruning avec le petit sécateur que j'ai par la suite troqué pour un grand en raison des grands arbres


Sur le tracteur durant le pruning


Un Kookaburra sur la porte de la valise de notre char.  On voit une partie de notre super tente à l'arrière.


Sur une note plus personnelle, entre temps, j'ai donné ma démission au centre de réadaptation où je travaillais avant d'initier cette aventure. C'était le seul moyen de me rendre au bout de ce voyage, le périple ayant été plus long que prévu au départ. J'avais amplement le temps de réfléchir à cette décision... pas que cela m'ait pris beaucoup de temps à trouver la réponse. Néanmoins l'insécurité a ralentit le temps de ma réponse officielle. Ce qui fut également long était la communication et se rendre au bout du processus, étant à l'autre bout du monde. Depuis le processus complété et ma démission confirmée, c'est un nouveau vent de liberté que je ressens et la sensation est merveilleuse! Une fois libérée de tout ce qui me retenait à ma vie "d'avant" (biens, emploi), j'ai maintenant l'occasion de penser plus clairement à des choses telles :« Qui suis-je moi?», «Où vais-je?», «Qu'est-ce qui m'intéresse?», «Qu'est-ce que j'aime faire dans la vie?» «Qu'est-ce qui me rend heureuse?».  Beaucoup de questions qui alimentent beaucoup d'idées...  Tant de possibilités!  J'ai maintenant soif d'opportunités.




Ciel spécial au crépuscule sur le campement de la ferme


Arbres sur le campement que nous avons surnommé «le couple de danseurs»


Pour revenir à nos mandarines, nous étions alors en plein coeur de l'hiver austral, qui s'étend de juin à août. Nous qui pensions s'échapper du temps froid et de tout ce qui portait le nom hiver... on nous a bien eu. Bien que l'hiver en Australie n'est rien de semblable à l'hiver québécois. En plein jour, la température surpasse les 20 degrés et on se croirait en une belle journée d'automne. Toutefois, quand le soleil disparait, il fait froid... presque frette. La nuit, la température se situe aux alentours de 0 degré et au matin il y a du gel au sol et de la glasse dans notre pare-brise de char (sans farce). Pour vivre dans une tente, la chaufrette est essentielle... deux c'est mieux (en ce qui nous concerne).



Au début juillet, le jour tant attendu fut enfin arrivé: la reprise du picking de mandarine. Cette fois-ci nous cueillions la variété "Murcott", qui sont les mandarines que nous avons tendance à appeler «mandarine» par chez nous. Elle sont plus grosses et ont plein de pépins. Les arbres ont également beaucoup plus d'épines que les arbres de mandarine "Imperial". Nous étions payés moins cher la bin (70$), mais celles-ci se remplissaient plus rapidement. En moyenne, j'en faisais 3 par jour. Nous avons connu un début de saison de "Murcotts" lent en raison d'une semaine presque complète de pluie. Si pluie il y a, picking il n'y a pas. Il y avait alors de nouveaux backpackeurs de passage sur la ferme, ce qui nous a ressorti de notre torpeur et a agrémenté nos derniers jours à Gayndah. Le picking s'est bien déroulé, mais il fut plus court que ce que nous nous attendions; à peine 10 jours. Je me suis même surprise à regretter la fin. Il faut croire que j'apprécie le picking de mandarines finalement... Par la suite, Matt, notre boss à Top Citrus, nous a proposé d'aller cueillir les mandarines de la ferme voisine, qui cherchait quelques cueilleurs. Il nous restait environ une semaine à occuper avant notre départ d'Australie et l'idée de quelques journées de picking supplémentaires nous plaisait davantage que l'idée de quelques jours de pruning pour finir. Ainsi, nous avons déménagé sur l'autre ferme, à peine à 2 minutes de voiture. Le campement était pourvu d'une grosse TV HD, ce qui nous a permis de visionner la première semaine des Jeux Olympiques de Londres. Néanmoins, regarder les JO en Australie est un peu frustrant car on ne voit que les disciplines où l'Australie a des chances de médailles et cela se résumait alors à la natation, à l'aviron et au hockey sur gazon (ce sport mérite d'être au JO???). Ainsi, nous avons manqué les disciplines les plus intéressantes à regarder (selon moi) et manquer quasi toutes les performances canadiennes. Pour ce qui était du picking de mandarines sur l'autre ferme, en gros ce n'était pas terrible.  On s'est rendu compte que nous étions réellement bien sur l'autre ferme, bien que nous le savions déjà. Puisque la qualité du picking se dégradait de jour en jour et que la superviseure devenait de plus en plus désagréable, nous avons décidé de cesser après 4 jours. Nous étions alors à 2 jours de notre départ de Gayndah, ce qui nous laissait tout juste assez de temps pour nous départir de nos biens accumulés durant les 9 derniers mois et de vendre notre char à un prix inespéré. Étonnamment, c'est avec un petit pincement au coeur que j'ai quitté Gayndah, après y avoir vécu plus de 4 mois. Bien que nous avons souvent attribué les mots «ennuyant», «chiant», «difficile» à notre temps passé à Gayndah, nous y avons également rencontré des gens en or et été témoin d'une nature charmante et généreuse. Ce fut certainement une belle expérience et j'en garderai de bons souvenirs, sachant que ce style de vie me manquera probablement dans un futur pas si lointain. Or, nous sommes bien contents de délaisser notre tente après 9 mois de camping. Chris m'a même confié le mois dernier qu'il rêvait d'une poignée de porte... c'est pour tout dire!

Du mont Debatable, on peut voir la beauté (bien cachée) de Gayndah

De Gayndah, nous avons rejoint Brisbane, la capitale du Queensland, afin d'y prendre l'avion pour Sydney. Nous y avons passé une journée ainsi qu'une nuit médiocre en raison des occupants fêtards et peu respectueux à l'hostel (Base x) où nous étions. Brisbane est une belle grande ville propre, mais possède peu d'attributs au point de vue culturel. Quant à Sydney, j'ai eu la chance de me réconcilier avec cette ville avant mon départ de l'Australie. Cette fois-ci, nous sommes tombés sur un bon petit hôtel beau, propre, sympa et pas trop cher. Il s'agit du Springfield Lodge si cela peut intéresser quelqu'un. Nous avons également eu la chance de visiter au-delà du quartier King Cross et j'affirme maintenant que Sydney est une bien belle ville. C'est  donc ainsi que se termine notre séjour en Australie. Un séjour riche en découvertes et en épreuves, au déroulement insoupçonné. Déroulement auquel je ne changerais rien. Inévitablement, plusieurs éléments propre à ce coin du monde me manqueront. L'omniprésence et la variété de la faune ainsi que de la nature évidemment; les kangourous, les kookaburras, les grands eucalyptus et les paysages de fous vus sur la route pour n'en nommer que quelques uns. Nous mettons enfin le cap sur l'Asie du Sud-Est. Destination tant attendue. Bien que notre plan soit peu élaboré cette fois-ci, nous avons sur notre liste: plongée sous-marine, retraite de yoga, randonnées, dentiste et tattoo pour Chris. Pour le reste, nous verrons ce que la vie mettra sur notre chemin. Nous débutons alors à Bali avec le sentiment d'avoir bien mérité ce temps de vacances.

La fameuse maison de l'opéra

Sydney le soir

C'est le temps des vacances!!


dimanche 17 juin 2012

Au pays d'OZ

Déjà 6 mois passés en Australie... Et une couple de mois que je me dis qu'il faudrait bien que j'écrive sur mon séjour en ce pays. Considérant que mon blog n'est plus du tout à jour, je tenterai ici de faire cela concis pour reprendre le temps perdu. J'écris "essayer", sachant que ce n'est pas une chose facile pour moi à faire. (En fin de compte c'est un long texte, j'aime mieux vous en avertir d'avance... 6 mois en concis, c'est quand même long)

Donc nous sommes partis, Christian et moi, de la Thaïlande dans des avions différents pour se rejoindre une dizaine d'heures plus tard à Sydney. "Welcome in Australia!" ou plutôt " Welcome in Ssstralia!" (dit avec l'accent australien).  Ouin, c'est ça... J'ai trouvé mon arrivée quelque peu brusque. À peine sortis de l'avion, deux policiers barraqués à l'australienne nous demandent de s'accoller au mur du corridor en file indienne et de ne pas faire un pas de plus, le temps de se faire sniffer par les gros chiens détecteurs de drogue. Puis une fois remise en liberté, sur mon chemin vers les comptoirs d'enregistrement à l'immigration, d'immenses murales avec des peintures d'animaux marins comme des raies, des requins et des serpents de mer décorent les murs, ainsi que la phrase suivante : "Did you spot the deadly marine australian life?" J'étais impressionnée et pas du tout rassurée. Néanmoins, j'étais très contente d'être en Australie. J'en rêvais depuis des années, je m'imaginais même parfois m'y installer et y faire une partie de ma vie.

Environ deux semaines avant de quitter la Thaïlande, nous regardions les annonces de voitures à vendre en Australie sur le net, ainsi qu'un endroit où dormir pour quelques jours à Sydney. Il semblait bien que nous arrivions dans une période achalandée à Sydney, car trouver une place décente et abordable où rester fut quelque peu ardue. J'avais envoyé une vingtaine de demandes à des gens de Sydney sur couchsurfing, mais la moitié de ces demandes fut sans réponse ou les réponses reçues disaient que malheureusement les "couchs" étaient déjà occupés durant nos dates de séjour. Puis, toutes les auberges de jeunesses abordables étaient pleines au même même moment. Quelques jours avant notre arrivée, nous avons finalement trouvé une chambre de disponible sur le site Hostelbooker. Nous avions donc réservé une chambre privée à 70$ au Aussie Lodge. Une fois rendus sur place, nous avons bien constaté que les photos sur le site internet ne rendait pas justice au réel délabrement de la place. Il s'agissait d'un genre de logement, squeezé entre des bars et clubs de danseuses, avec des chambre et des dortoirs au-delà d'une longue série de marches. Les planchers était recouverts d'un épais tapis rouge et sale et les murs étaient jaunis et perdaient des morceaux. C'était sombre et déprimant. Le propriétaire de la place qui semblait lutter contre un bon hangover, nous a mené à notre chambre dans ses vapeurs de robine. C'était une petite pièce avec un lit, une armoire, une télévision et une salle de bain, qui semblait du premier coup d'oeil correcte pour le prix payé. Une fois le proprio parti, on s'est mis à examiner les lieux plus scrupuleusement. Le tapis était en train de pourrir et était manquant à certains endroits. Il y avait des poils dans le lavabo et des coulisses jaunes sur le bol de toilette. La quantité de débris quelconque au sol démontrait que la balayeuse n'avait pas été passée depuis un bon moment. Mais le pire était les poils frisés retrouvés dans les draps de lit... beurk! La chambre n'avait sans aucun doute pas été nettoyée depuis le dernier occupant. On a donc sollicité le proprio pour des draps de lit propres. Puis, Chris s'est permis de fouiller dans le débarras à côté de notre chambre et est ressorti avec une vieille balayeuse et une bouteille de javelisant. Puis, Chris "l'homme à marier" a passé la balayeuse et désinfecté la salle de bain. Quelques heures plus tard on a aussi découvert qu'une famille de cafards vivait dans notre chambre. Sans farce, j'ai vu plus de cafard dans ma chambre à Sydney que durant le mois passé en Thaïlande... Je me suis fait un plaisir de faire une critique peu louable et de descendre le Aussie Lodge sur le site de HostelBooker par la suite. Vous aussi vous en êtes informés, le Aussie Lodge à Sydney, vraiment à éviter! Après quelques heures de repos récupérateur, nous sommes sortis de notre chambre à la recherche de nourriture. Notre auberge était en plein coeur du qaurtier King Cross, sur la rue Darlinghurst. C'est à cet instant que nous nous sommes rendus compte que nous étions sur une rue équivalente à la Ste-Catherine à Montréal. Des clubs, à majorité des clubs à go-go partout. C'était le genre de coin où il est peu recommandé de se promener seul durant la noirceur. Sur notre chemin; des gueulards, des prostitués qui se disputent ("that's my hood!"), des gens qui se parlent seul. Un coin de tout croche quoi! Disons qu'après notre séjour zen et tranquille en Thaïlande, le changement d'ambiance était drastique.

Notre contrat de travail de cueillette de cerise allait commencer dans 4 jours. C'était à Young, une ville qui se trouve à 4 heures de voiture de Sydney. D'ici là, nous voulions trouver une voiture, un bon bazou mais pas cher, puisqu'on était vraiment cassés à ce moment là.  Donc, durant notre deuxième journée à Sydney, nous avions 51 000 choses à faire dont trouver un téléphone cellulaire, un contrat de téléphone, trouver une voiture ainsi que trouver une autre place où dormir, car aussi surprenant que cela puisse être, notre auberge triste en s'en ouvrir les veines était full pour les journées à venir. Donc nous n'avons pas vraiment eu le temps de voir et de profiter des attraits de la ville. Entre temps nous avons pris connaissance du coût de la vie exorbitant de l'Australie, d'autant plus que Sydney est apparamment la ville la plus dispendieuse du pays. Une chose qui nous arrive rarement, nous nous sommes acheté une cannette de Root Beer au dépanneur, qui nous a coûté 3,50$ chacune. Depuis, cette cannette nous sert à relativiser le coût général de toutes autre choses. Si une cannette de liqueur coûte 3,50$ en Australie, combien coûterait un sandwich...? Entre 11 et 14$ dépendamment à quoi est le sandwich en question. Nous n'étions pas tout à fait ravis d'être là jusqu'alors. D'autant plus que le temps était froid et maussade. Pour notre 3ième nuit, la seule autre auberge de jeunesse que nous avons trouvé de disponible était à Collaroy, une banlieu de Sydney, à une heure de bus du centre-ville. Néanmoins, notre séjour d'une journée fut beaucoup plus agréable là. L'auberge était propre, sympa et à quelques pas de l'océan. L'ambiance y était beaucoup plus décontractée et festive. Suite à nos longues heures de recherche sur Internet, nous avions ressorti une liste de voitures qui correspondaient peut-être à ce qu'on cherchait. Toutefois ces voitures se trouvaient aux 4 coins de Sydney, ce qui annonçait une journée de plaisir à expérimenter le réseau des transports publiques de Sydney, qui est vraiment étendu et vraiment pas évident pour les touristes que nous sommes. Par chance, la première voiture vue et essayée fut celle qu'on a achetée. Un Holden Apollo, blanc, station wagon, 1991, 188 000 km (ce qui n'est pas beaucoup pour une voiture usagée en Australie), transmission manuelle. La dame qui nous l'a vendu était trop gentille et semblait être de confiance. Elle nous a même offert 2 sacs d'épicerie pleins de pains et de brioches en prime, ce qui faisait vraiment chrétien, d'autant plus qu'il y avait plusieurs photos du Christ dans sa demeure. Elle nous a également dit de garder le chapelet et la médaille de la sainte vierge qui étaient déjà dans l'auto, que nous n'avons pas osé enlever jusqu'à ce jour... et depuis les 20 000 km roulés, pas d'accidents et de troubles majeurs. Donc aussitôt la voiture trouvée, nous nous sommes empressés de nous procurer les effets de base que nous jugions nécessaires à nos quelques mois de camping devant nous, puis on a pris la direction sud-ouest vers Young, pas fâchés de quitter Sydney. C'est Christian qui a pris le volant au début (et la majorité du temps), car conduire à gauche avec un char manuel était beaucoup de défis et de stress pour moi (j'avais conduit 2 fois avec une voiture à transmission manuelle il y a presque dix ans de cela). Maintenant, je suis presqu'à l'aise, à l'exception de la conduite dans des endroits achalandés. Tout est inversé dans la voiture, à l'exception des pédales (ffiiiioooouuuuu). Durant les premiers temps de conduite, quand on voulait actionner les clignotants, c'était inévitablement les essuie-glaces qu'on actionnait. Encore après 6 mois, je dois déjouer mes réflexes de nord-américaine et penser à deux fois de regarder à droite en premier, et non à gauche, avant de traverser une rue.

Une fois rendus à Young, la capitale de la cerise en Australie, nous avons pris connaissance de ce qui allait être notre «chez nous» pour les 5 à 6 semaines qui allaient suivre. Notre campement était à une quinzaine de minutes de Young tel quel. Il n'y a pas grand chose autour de Young et nous arrivions dans la campagne australienne.  Le paysage autour de nous affichaient des collines parsemées de vert et de jaune, des champs de moutons et des grands eucalyptus. En entrant dans ce coin de pays, Chris me lance: «Tu trouves-pas que ça ressemble à Compton?» Ouais, ça pourrait le faire, Compton avec des eucalyptus... Nous étions embauchés par une grosse ferme, "Hallmark". Nous étions environ 120 pickeurs à y travailler, la majorité des québécois, car le fermier estime que les québécois sont des très bons cueilleurs de cerises et nous favorise à d'autre nationalité durant la sélection. Ainsi nous avons retrouvé plusieurs de nos camarades avec qui nous avions cueilli des cerises l'été d'avant au BC. Donc, nous étions dans un genre de Compton avec des eucalyptus, entourés de québécois. Le sentiment de dépaysement ou de choc culturel  n'était pas fort à ce moment, et il se fera plutôt doucement par la suite.  Compte tenu du nombre de "pickeurs" sur place, la ferme  nous offrait 3 différents campements avec accomodations pour 5$ par jour, ce qui est cheap en Australie. Nous étions sur le campement avec les bonnes douches (bonnes dans le sens qu'elles sont en nombre suffisant et qu'elles ont de l'eau chaude... la majorité du temps). Toutefois, il fallait aller à un autre campement pour s'approvisionner en eau potable et la cuisine était dans une bâtisse en décrépititude. En fait, probablement que la bâtisse avait déjà été super bien dans un passé pas si lointain, mais le problème est qu'elle avait été fréquentée majoritairment par des "pickeurs" qui ne savent pas vivre (assez fréquent).  Pour donner une idée, il y avait un salon avec un foyer et quelques conards avaient auparavant eu la bonne idée d'arracher des planches de bois, qui formaient les murs, pour aprovisionner le feu. Il y avait aussi toutes sortes de grafitis sur les murs, mais peu d'entres eux annonçait un artiste talentueux en émergence. Je peux donc comprendre, à un certain point, les propriétaires de ne plus investir argent et énergie dans les accomodations déjà fournies. Ainsi nous avons baptisé la cuisine " the crackhouse", car c'est ce à quoi elle ressemblait. Néanmoins, nous avions presque tout pour cuisiner à proximité de notre tente et fréquentions the crackhouse surtout par mauvais temps, ce qui n'était pas si mal au bout du compte. Nous avions planté notre tente sur un bout de terrain peu achalandé, à côté d'anciens "shiteux" (2 vieilles bécosses constituées de murs et d'un toit en tôle) et d'un champ avec 6 à 7 veaux trop attachants. Nous nous sentions chanceux d'être à côté des shiteux (je spécifie qu'ils n'étaient plus utilisés depuis très longtemps... il y avait de l'herbe dans les trous et plus aucune trace douteuse). Non seulement ils nous protégaient un tant soit peu du vent, nous faisaient de l'ombre en après-midi et nous offraient une base à nos installations de cordes à linge, nous nous en servions aussi pour ranger et entreposer notre stock comme notre cooler et notre bac de nourriture. Durant les premiers temps les shiteux m'ont servi de lieux de désensibilisation de ma peur des araignées. J'étais toujours ultra vigilante lorsque j'y entrais. Faire du camping en Australie me causait un certain stress. Nous entendions des histoire comme: «J'ai vu un "brown snake" passer sur le camp» (deuxième serpent le plus venimeux en Australie et au monde), «J'ai vu une grosse "red back" dans la salle de bain» (araignée équivalente à la veuve noire) ou « Regarde, voilà une araignée white tail. Si elle te mord, elle t'injecte un venin qui fait pourrir ta peau et tes muscles» (apparamment que ça ne fait pas ça à tout coup, mais j'aime mieux ne pas essayer et ne pas le savoir...). Durant mes premières nuits de camping, il m'arrivait souvent de me réveiller en sursaut juste avant d'atteindre la phase du sommeil profond, car peu après avoir fermé les yeux, il m'apparaissait des images très réelles d'araignées laides et méchantes, même si j'en avais pas vraiment vues. Heureusement, cela s'est vite estompé, même si j'ai vu les plus grosses araignées de ma vie à Young par la suite. Nous sommes arrivés à Young dans la pluie et les grands vents. Le temps était vraiment misérable et il faisait froid. Je ne pouvais m'imaginer une telle température en Australie. Nous étions à la fin novembre et en réalité c'était le printemps. C'était une température normale pour un printemps en fin de compte. C'est moi qui avait une idée biaisée qu'en Australie il faisait toujours beau et chaud... NOT!. Les vents étaient vraiment intenses, assez pour que nous délaissions notre tente pendant 2 jours pour dormir dans notre voiture. Mes deux paires de pantalons et mes deux chandails chauds que j'avais entassés dans mon sac-à-dos n'étaient pas de trop. Puis on a commencé à cueillir des cerises. Je n'en parlerai pas de façon détaillée ici puisque je l'ai déjà fait dans un blog précédent. Néanmoins, la tâche s'est avérée beaucoup moins difficile cette fois, probablement en raison de mon minimum d'expérience antérieure et surtout en raison des arbres qui sont beaucoup plus petits en Australie qu'au Canada. Je me suis remis à faire aller mes doigts, qui se sont remis à fendiller et nous nous sommes remis à gagner de l'argent... Youppi! Nous travaillions de 6h à 15h la majorité du temps. En moyenne, j'égalais ou surpassait le salaire que je faisais en tant qu'ergothérapeute au Québec, ce qui me satisfaisait. Christian et d'autres faisaient facilement le double de salaire que moi, pour dire qu'il y a moyen de faire beaucoup d'argent en cueillant des cerises en Australie... le temps que ça dure. Le temps a passé vite et bien à Young. Nous avons rencontrés de nouveaux gens supers sympas; australiens, chiliens, allemands, néo-zélandais, français, québécois. Nous avons tenté de domestiquer nos voisins les veaux en les amadouant avec nos restant de légumes et en leur offrant de l'herbe à tous les jours. Nous avons bien réussi avec l'un d'entre eux, qui parfois, venait nous voir en courant, littéralement.  Un veau qui court c'est drôle. Il était vraiment gourmand et raffolait des pelures de patate. Nous l'avons surnommé "Meu meuh" et c'était le plus beau des veaux. Il m'a presque donné envie de devenir végétarienne. Notre séjour à Young à aussi été marqué par les soirs au "Wombat Pub", qui était la facilité la plus proche de notre campement (à même pas 5 minutes de char) et qui offrait des hot-dogs gratuits les dimanches soirs. Je me rappellerai toujours de ces fameux hot-dogs à l'australienne, qui se composent d'une tranche de pain blanc, d'une saucisse à déjeuner, d'oignons frits et de sauce BBQ. Ça s'annonçait pas génial (comme le reste de la bouffe australienne), mais c'était pas dégueux non plus et c'était surtout gratuit. Avec une bière, ça passait bien.


Un cerisier à Young

Meu meuh


Même si le choc culturel était très léger, il y a tout de même des faits et concepts très différents en Australie qui m'ont frappée, et j'aimerais faire un arrêt dans la chronologie et faire une paranthèse ici pour en parler.  Premier concept: Plus tu vas au sud, plus il fait froid alors que plus tu vas au nord, plus il fait chaud. Deuxième concept: L'été est de décembre à mars et l'hiver est de juin à septembre. Dans mes concepts de nord-américaine, ça peut sembler le monde à l'envers, mais c'est comme ça dans l'austral. Premier fait remarqué: les feux de circulation sont quasi absents, à l'exception des grandes villes, ils sont remplacés par des rond-points. Conduire en tenant la gauche dans un rond-point les premières fois, c'est un peu perturbant. Deuxième fait différent: l'expérience à l'épicerie. Tout d'abord, les légumes sont immenses. Puis, les 4 roues des chariots d'épicerie sont pivotantes, ce qui permet d'aller vers l'avant, l'arrière et de côté. Brillant quand vient le moment de tasser son chariot sur le bord de l'allée pour libérer le chemin, mais impossible d'aller en ligne droite sur une surface inégale, ce qui fait que c'est plutôt la merde dans le parking et dans les tournants. Autre fait: l'anglais parlé. Les Australiens ont un accent qui leur est propre. Si je tente d'expliquer comment ça sonne, je dirait que l'accent est mis sur les voyelles qui me semblent être prolongées (nooooo, caaar). Ils ont aussi leurs propres expressions et un vocabulaire différent pour certaines choses. Il y a bien sûr les "G'day" (good day) pour les salutations ou les "R U doing" (how you doing). Pour ce dernier cela m'a pris du temps à comprendre réellement ce qu'ils disaient tellement ils le disent vite. J'ai aussi appris que ça ne sert à rien de répondre à ça "good", la plupart des gens ne se préoccupe pas de la réponse. Il y a aussi les fameux et fréquents "mates" (thank mate, no worries mate). Tout le monde est un "mate", homme ou femme, enfant ou vieillard. Sans oublier les "no worries" qui se disent fréquemment pour signifier que tout est bien. La phrase nationale pour clore une discussion ou une rencontre est "see you later", que ce soit entre amis ou entre purs inconnus, comme lors d'un service à la clientèle à l'épicerie par exemple. En fait, l'australien parlé sonne plutôt sympatique et amical. Malgré tout, l'australien moyen est généralement gentil, mais pas plus que ça. Pour le vocabulaire, certains mots communs utilisés sont différents comme "rubbish" pour déchet, "stubby" pour bouteille de bière, "swimmers" pour costume de bain. Il y a une tendance à couper les mots et les faire finir par "y" ou "ie" comme "sunnies" au lieu de "sunglasses", "Brekky" au lieu de "Breakfast", "Tassie" au lieu de "Tasmania", "Aussie" (qui se prononce ozzie) pour "Australia". Durant les premiers temps, discuter avec des australiens était confrontant. J'en manquais des grands bouts et j'étais embarassée de faire répéter les personnes. J'avais l'impression de devoir réapprendre l'anglais de nouveau. Toutefois, il est à préciser que l'accent diffère d'une région à une autre, et que travaillant dans le "fruit picking", il m'arrivait plus souvent de côtoyer des australiens de campagne avec un accent de campagne. J'étais particulièrement découragée après ma première tentive de conversation avec une Australienne, mais il faut dire que cette personne était une truckeuse pompette qui se proclamait "from the bush" (de la campagne). Autre fait frappant: beaucoup d'australiens ont des dents manquantes. Je ne veux pas généraliser car j'ai remarqué cela dans les villes où j'ai travaillé, donc dans les fins fonds de campagne, à l'exception du Western Australia où les gens semblent prodiguer plus de soins envers leurs dentition. Une autre chose qui est frappante en Australie est le soleil. Il est foudroyant et il faut y faire vraiment attention. Le cancer de la peau est extrêmement répendu sur ce continent. Lorsque le soleil sort, la température augmente dramatiquement et vice versa. Néanmoins, ce qui me frappe le plus en Australie est sans aucun doute les oiseaux. C'est ce qui me fait sentir le plus à l'autre bout du monde et qui me fait le plus tripper ici. Il y en a de toutes les grosseurs, de toutes les couleurs et coiffées de toutes les crêtes. Le matin, c'est une symphonie cacaphonique de toutes sortes d'êtres à plumes qui me tire de mon sommeil. Ici les oiseaux ne pipittent pas comme ceux de chez nous, ils s'exclament, roucoulent ou râlent bruyamment. C'est à croire qu'ils sont timbrés. J'adore! Mon oiseau préféré est le Kookaburra avec sa petite face mignonne et surtout avec son cri unique. Fait informatif: c'est l'oiseau emblématique d'Australie, il est carnivore et il chasse les serpents!  Fin de la paranthèse.

Nous avons fêté Noël à Young, qui fut un gros souper buffet-méchoui entre pickeurs de cerises durant la soirée du 24 décembre. Noël sans neige, sans sapin et sans famille, c'est weird. En Australie, ça se fête autour d'un BBQ. Ce qui est drôle, c'est que l'ambiance véhiculée et exposée dans les centre d'achats est la même que par chez nous. On retrouve les mêmes décors et images de neige, de sapins et de bonhommes de neige, alors qu'en réalité il n'y a rien de tout ça dans les alentours. Je me suis quesionnée si le père Noël ne venait pas plutôt du pôle sud pour les gens d'ici. Après avoir mijoter sur cette question de haute importance, j'ai eu ma réponse: Non, le seul et unique père Noël vient du pôle nord, mais il débute sa "run" de cadeaux en Australie. Peu après Noël, notre contrat à Young s'est terminé, tout juste avant le nouvel an. Notre plan était d'aller en Tasmanie pour poursuivre la cueillette des cerises qui est plus tardive au sud. Il fallait se rendre à Melbourne pour prendre le traversier. Néanmoins, nous avions une semaine à attendre avant d'embarquer pour la Tasmanie. Plusieurs personnes disaient que la saison de cerise en Tasmanie était très moche cette année, ce qui nous a fait reconsidéré notre plan, à savoir si le coût du voyage en traversier en valait le coup (1000$ aller-retour pour deux personnes et la voiture, avec une cabine privée). Je tenais vraiment à voir et vivre la Tasmanie, alors nous avons collé à notre plan cette fois. Il fallait alors trouvé un plan pour occuper notre semaine de façon amusante et non-dispendieuse. Fêter le nouvel an à Melbourne était tentant, mais nous étions dernière minute et n'avions rien de réservé. Aussi, la vie en ville australienne est coûteuse. Quelques personnes nous mentionnaient qu'il y avait un festival qui débutait tout juste et qui prenait place quelque part sur notre chemin pour Melbourne. Ça s'appelait "Confest", "con" pour conference et "fest" pour fesival. C'était apparamment un festival où se donnaient toutes sortes de conférences et ateliers sur toutes sortes de sujets portant sur des méthodes alternatives  de vie (arts, santé, médecine alternative, nutrition, chant, sexualité,  agriculture, etc).  Cela piquait ma curiosité, donc je suis aller voir sur Internet pour en savoir plus. Tout de suite, je suis tombé sur des photos de tout-nus couverts de bouette... Hein?  En lisant, la description et philosophie de l'événement, j'étais de moins en moins convaincue que je voulais y aller. Ça semblait très "down to earth" et un peu trop hippie pour Christian et moi. Cependant c'était seulement 80$ pour toute la durée du festival (environ une semaine), incluant le camping et les activités. C'est en grosse partie pour cette raison que nous y sommes allés finalement. Nous avons emmené avec nous une de nos amies qui trippe sur ce genre de chose. Nous sommes arrivés sur les lieux à peine une heure avant le décompte de la nouvelle année. Nous étions au milieu de nul part, au fond d'un terrain boisé, dans le "bush" australien. Tout de suite en arrivant, une ambiance particulière se faisait sentir. Tout d'abord, les sons de djembés, qui n'ont jamais cessé. Puis, il y avait les accoutrements hippies, les déguisements de fée, les gens nus qui dansaient au son des djembés et les bracelets lumineux multicolores portés partout... même autour des bijoux de famille des moins jeunes (!). J'étais éprouvée par notre journée sur la route et j'avais du mal à trouver mon compte dans cette étrange ambiance. Le coeur n'était pas à la fête et en cette nuit de nouvel an, on s'est couché tôt. Le lendemain, on a retrouvé nos amis de picking qui étaient au festival et on a erré sur le site, à la recherche d'un emplacement agréable où camper. Sur notre chemin, il y avait plusieurs "villages" avec chacun un thème particulier. Il y avait entre autres le "gay village", le "art village", le "nude village",le "spiritual village", le "families village". Il y avait également des pancartes qui indiquaient "free hugs" devant le campement de certaines personnes. Il y avait des kiosques de bouffe santé, des regroupements de gens qui discutaient à l'ombre assis ou couchés sur des tapis ou coussins et surtout, il y avait la rivière. Il faisait extrêmement chaud (apparamment que durant la durée du festival, la température frôlait le 50 degrés celsius). Heureusement il y avait une plage et une rivière où il était possible de se rafraîchir. Cependant, la grande majorité des gens à la plage était nue. Vieux, jeunes, enfants, de toutes les morphologies et de tout les styles. Je n'avais jamais fréquenté un endroit nudiste auparavant. On a même revus de nos camarades à la plage... nus. C'est toujours bizare et mal à l'aisant la première fois de voir une personne nue, qu'on connait au préalable, surtout lorsqu'on est habillé. À côté de la plage, il y avait un grand trou de boue, creusé directement dans la terre. C'était le fameux bain de boue naturelle, suffisamment grand pour contenir une douzaine de personnes. Non loin de là, il y avait également les seules douches sur les lieux, à aire ouverte dans la nature. Notre amie qui était en plein dans son élément, à enlever ses vêtements et est allée se tremper dans la rivière, tout naturellement. J'aurais aimé en faire autant, mais me mettre à nu devant tout ces gens m'embarassait trop, surtout en compagnie de mes camarades. Christian pensait la même chose aussi. Nous avons passé la majeure partie de cette journée à la plage puisqu'il faisait trop chaud, mais nous étions dans la minorité avec des costumes de bain. L'ambiance était très relax. Des gens qui se faisaient bronzer, des gens qui jouaient de la musique, des gens qui lisaient, des gens qui étaient recouverts de boue, des enfants qui s'amusaient à la plage, des écorces d'eucalyptus qui tombaient tout doucement. Le soir venu, nous sommes allés à la "Silent Disco" et on y a découvert un super concept. À l'entrée de la disco, de gros écouteurs avec des coussinets aux oreilles, nous étaient prêtés. Il y avait un syntoniseur d'ondes et un contrôle pour le volume que nous pouvions régler à notre guise. Au centre de la piste de danse, il y avait 3 DJs qui faisaient chacun un mixte musical particulier. À chaque DJ était attitré un poste d'ondes et une couleur. Avec nos casques d'écoute, nous pouvions syntoniser le poste d'onde, selon la musique que nous avions le goût d'entendre, aussi souvent que nous le désirions. De chaque côté des écouteurs, il y avait une lumière qui affichait la couleur du DJ choisi (vert, bleu ou rouge). Ainsi, plein de gens étaient réunis sur la même piste de danse, malgré des styles et goûts musicaux différents. Il y en avait vraiment pour tous: Électro, R&B/Rap, Disco, Rock'n'Roll, vieux hits rock. C'était vraiment drôle de voir tout le monde groover de façon non-uniforme. Parfois il y avait des phénomènes de regroupement, selon le DJ ou la tune choisis. D'autres fois, il y avait des phénomènes d'influence, c'est-à-dire que les gens changeait leur poste d'écoute pour celui d'une autre personne qui démontrait un grand enthousiaste par rapport à ce qui jouait dans ses oreilles. Ce qui était particulier et vraiment cool, c'est quand on enlevait les écouteurs, on n'entendait que des bruits de pas et quelques légers chantonnements. Ainsi, c'était facile de se parler, on avait seulement à retirer nos écouteurs. Vraiment la "Silent Disco", c'est trop fort! Le lendemain, on est retourné à la plage. À un certain moment, je me suis lassée de ressentir l'inconfort d'être habillée dans cette mare de tout-nus. Donc, hop, j'ai enlevé mon top de maillot et en me voyant faire, Chris a également enlevé ses shorts. C'était presqu'un soulagement. Sérieusement, c'est alors qu'on a vraiment embarqué dans le "mood" du festival et qu'on s'est mis à apprécier notre temps. Je ne me suis pas promenée nue sur toute la surface des lieux comme plusieurs le faisaient (tout peut se faire nu à Confest car à Confest, les vêtements sont optionnels), je m'en suis tenue qu'à la plage. Sincèrement, je suis contente de l'avoir fait, c'était juste naturel d'être comme ça à ce moment là, à prendre du soleil et à se baigner. Je dirais même que le nudisme peut être thérapeutique, si c'est fait dans un endroit propice à ça. On dirait que ça nous fait prendre davantage conscience de notre corps et de nos sens et de ce fait, apprécier plus ce dont la nature nous a pourvus. La nuit tombée, on s'est éclatés une autre fois sur le plancher de danse de la "Silent Disco". Au petit matin, j'étais la seule réveillée, malgré la courte nuit. J'ai décidé d'aller à l'atelier de Qi Gong, curiose de connaître ce que c'était. Nous étions à peine une dizaine de personnes sur place. L'atelier était donné par un homme qui s'est avéré vraiment intéressant, malgré sa sale gueule du matin. Il racontait au fil des exercices, qu'il avait eu un accident de voiture et qu'il avait subit une grave blessure au dos. Les médecins lui disaient qu'il resterait avec des séquelles physiques et qu'il ne pourrait plus s'adonner à certaines activités, dont le surf, qui lui tenait vraiment à coeur. Il s'est donc mis à se renseigner sur des méthodes alternatives de réhabilitation et a découvert le Qi Gong, pratique que les guerriers chinois avait l'habitude de faire spécialement avant un combat. pour renforcir leur corps, leur vitalité et augmenter leur aptitude de guérison. Il s'est donc mis sérieusement au Qi Gong et aujourd'hui, il affirme qu'il peut faire ce qu'il désire, sans avoir de contraintes par rapport à son dos. C'est le genre d'histoire que j'aime. L'atelier durait 2 heures. C'était une série d'exercices physiques et de méditation, dont le but était de créer de l'énergie dans le corps et de la faire circuler. Mon matin était tout simplement wow! Quelle belle façon de débuter une journée! J'ai réellement senti les bienfaits durant les 3 jours qui ont suivi. Je me sentais spécialement zen et sereine, malgré ma grande fatigue. De l'avoir vécu, je crois vraiment que le Qi Gong m'a apporté une nouvelle force et énergie suite aux exercices. C'est à croire que ça se dégageait car dans cette période de 3 jours, j'ai eu quelques commentaires comme quoi j'étais rayonnante.  C'est donc clair que je dois m'adonner au Qi Gong dans un futur rapproché! Cette journée, nous avons fait d'autres ateliers dont un sur la guérison par le son. C'était très particulier. Nous étions environ une cinquantaine de personnes couchées au sol. Puis il y avait deux joueurs de didgeridoo qui circulaient entre les personnes, faisant glisser les sons et vibrations de l'instrument autour de nous. Il y avait un orateur principal qui guidait les pensées vers la relaxation et la force de soi. D'autres personnes circulaient avec des bols chantant, des clochettes, des trucs odorants qui brûlaient, des vaporisateurs d'eau. C'était vraiment facile d'être totalement relax dans cette atmosphère. Quelques personnes ont commencé à chanté, un peu à la façon des indigènes. C'était vraiment beau. Puis de plus en plus de personnes se sont mis à chanter. D'autres se sont mis à rire, d'autres à faire des bruits d'animaux... ça devenait étrange. À un point j'ai décroché, j'étais dérangée par les râlements et grognements de l'homme à côté de moi. Je me suis donc mise à regarder les gens. Il y avait un autre gars qui faisait le bacon, comme s'il était en transe. C'était vraiment un drôle de spectacle, mais très apaisant aussi. À la fin de l'atelier, ils nous ont fait faire un cercle et il fallait se tenir la main. Puis, il fallait "laisser aller sa voix" donc émettre un son. Nous étions 50 personnes debouts en ribambelle à faire des «aaaaaaaaaaaaahhh» et des «oooommmmmhhhhh». Cela a duré 2-3 minutes. Puis soudain, tout le monde s'est tu en même temps. Ça c'était spécial. À la fin de la journée, nous avons terminé les ateliers en beauté par un atelier de couple sur le massage tantrique. Entre les ateliers, nous avons aussi essayé le fameaux bain de bouette... tout-nus. C'était vraiment cool et rafraîchissant en cette chaleur incroyable. En plus, on flottait sur la bouette. C'était vraiment plaisant et on l'a fait plus d'une fois. Nous sommes repartis de notre séjour à Confest totalement zen et relax, avec plein de découvertes et de nouveaux intérêts pour ma part. C'est un événement unique (qui a lieu au jour de l'an et à Pâques à chaque année en Australie), confrotant pour les novices, mais réellement enrichissant quand on laisse tomber certaines de nos barrières. Confest reste à ce jour un de mes moments forts en Australie.

Suite à nos 4 ou 5 jours de festival, nous avons passé une journée à Melbourne avant d'embarquer sur le traversier pour la Tasmanie. Nous avons vu peu de la ville, seulement une partie de Melbourne downtown, mais ce que nous avons vu nous a plu. C'est une ville dynamique qui a du style. Plusieurs bâtiments ont une architecture originale, un côté artistique que nous n'avons pas vu souvent en Australie. Tout coûte cher en Australie, particulièrement dans les grandes villes (est-ce que j'ai dit que c'était cher??), mais étonnament et à mon grand bonheur, les sushis sont pas chers! En ville, c'est la nourriture la moins dispendieuse que nous avons trouvée et bonne en plus! Il a fallu passé 10 heures sur un énorme traversier en mer Tasman pour se rendre en Tasmanie. C'était assez long pour justifier la réservation d'une cabine avec lits et douche, ce qui a rendu le voyage confortable. Une fois en terre tasmanienne, le paysage est très rural et les distances sont beaucoup plus courtes que sur le Mainland. Cela nous a pris environ 4 heures en voiture pour se rendre presqu'à l'extrémité sud de l'île, à partir de l'extrémité nord. Sur le chemin, beaucoup de vert et de vallons, couvert d'un ciel gris. Nous nous sommes aussitôt mis à la recherche d'un job dans le "cherry picking". Nous en avons trouvé un rapidement, à la deuxième ferme sollicitée. Nous nous trouvions à Cygnet, un charmant village, dans le sud-est de la Tasmanie près de la côte. À notre arrivée sur place, le village était bondé, car c'était en plein coeur du festival Folk. C'était un festival d'envergure, mais les spectacles se déroulaient principalement dans des salles et il fallait payer pour y assister (entre 70 et 100$ par personne pour le laisser-passer pour le week-end). Nous ne connaissions pas les bands à l'affiche, donc nous n'avons pas investi dans les laisser-passers.  Il y avait quelques spectacles à l'extérieur et dans les rues, ainsi nous avons tout de même pu entendre de la bonne musique et faire partie de l'ambiance. Nous sommes même tombés sur une artiste québécoise, la chanteuse de folklore Mélisande, qui était en prestation au festival et qui faisait une petite tournée en Tasmanie. Nous avons retrouvé plusieurs de nos camarades de picking de Young, rendu à Cygnet. Il y avait encore beaucoup de québécois dans notre entourage, car là où sont les cerises, les québécois y sont aussi (j'aimerais bien connaître l'origine de ce phénomène). La ferme sur laquelle nous travaillions ne disposait pas de campement ou d'accomodations pour les cueilleurs, comme beaucoup de fermes en Tasmanie. Nous nous sommes donc tentés sur le seul terrain de camping de Cygnet, comme tous les autres backpackers qui se trouvaient sur place pour du travail. La place était bondée. Pour démontrer à quel point le monde est petit, nous avons revu le couple d'Australiennes avec qui nous avions cueilli des pommes à Kelowna au BC l'automne derner, sur le camping de Cygnet. C'était totalement innattendu, car elles ne devaient pas se trouver sur le continent australien à cette période.  Leur plan avait changé et en cours de route, elles ont mis le cap sur la Tasmanie, là où elles n'avaient jamais mis les pieds auparavant. Côté travail, nous avons été chanceux car la ferme qui nous avait engagé fut une des rares fermes en Tasmanie à bien s'en sortir avec la saison de cerises cette année. Nous avons eu du picking décent durant 2 semaines. Je n'avais jamais connu des cerises aussi grosses et goûteuses. Selon moi, les cerises tasmaniennes sont les meilleures et je commence à m'y connaître. C'est difficile de s'en tanner. En travailant à l'extérieur et en vivant dans une tente, nous nous sommes vite aperçu que les conditions météorologiques en Tasmanie sont très instables. D'ailleurs, notre superviseur qui était originaire de ce coin de pays, nous avait donné ce conseil: En Tasmanie, tu dois avoir à portée un manteau, de la crème solaire et un parapluie. En effet, c'est difficile de savoir ce que le ciel mijote. Il est bipolaire, comme l'a si bien décrit une de nos amies. Il peut faire froid et venteux, puis le soleil sort et il frappe vraiment fort, puis les nuages et le vent reviennent et il pleut, puis il fait froid... et ainsi de suite. Lorsque le travail fut terminé, nous avons pris quelques jours de vacances, environ 2 semaines pour visiter une partie de la Tasmanie. Nous avons débuté par Bruny Island, qui était près de Cygnet. C'est une petite île au sud-est de la Tasmanie. Bruny Island a été mon coup de coeur de la Tasmanie, c'est vraiment magnifique. Que de la nature ou presque. On y a vu entre autres des petits pingoins, les "fairy penguins", qui font un pied de hauteur. Ils sont trop chous et rigolos à voir marcher. On ne pouvait les voir qu'à la noirceur, vers 21-22h, lorsqu'ils arrivent de la mer pour regagner leurs terriers sur la plage. Il faut une lampe de poche pour les voir, mais seulement une lampe avec une lumière rouge (la lumière blanche standard d'une lampe de poche les aveugle et peut avoir des effets perturbateurs par rapport à leurs moeurs, apparamment). Nous nous sommes promenés sur Bruny Island, en voiture et à pieds. Nous en avons eu plein la vue: des falaises de roches, des baies turquoises, un phare sur le haut de collines verdoyantes. En plus, la température était dans un très bon mood, durant notre séjour de 3 jours. J'y ai également eu mon initiation à la pêche, la pêche étant très bonne en Tasmanie. On y a également aprêté notre premier calmar. Étonnamment c'est très mignon un calmar, je trouve. Ça ressemble à un petit extra-terrestre, avec ses ailes et ses gros yeux. Toutefois, il arrive souvent qu'ils crachent de l'encre lorsqu'on les sort de l'eau en tirant la ligne, ce qui est moins "cute". Ceux qu'on a vu étaient brun et vert scintillant, mais au fur et à mesure qu'ils mourraient dans la chaudière, il devenaient blanc opaque... pauvres créatures. Après Bruny Island, nous sommes allés à Hobart, la plus grande ville de Tasmanie et la capitale aussi. L'histoire dit qu'Hobart fut la deuxième colonie d'Australie, après Sydney. On est allé au "Mona Museum", qui est un musé d'art au beau milieu d'un vignoble, qui expose la vaste collection (art ancien, moderne et contemporain) d'un milionnaire Tasman. On s'était fait dire que les expositions y étaient spéciales, dans le genre dérangeantes. En effet, je fus dérangée. Chris, lui, fut pas loin du traumatisme. Je ne peux dire si j'ai aimé ou si je n'ai pas aimé. C'est partagé. Sur un des étages, il est recommandé de ne pas y entrer avec des enfants. C'est l'étage de l'art macabre et "gore". Pas trop mon truc. Il y avait également la fameuse machine à caca. En effet, quelqu'un un jour, avait eu l'idée de reproduire le système digestif humain en machine. Dans la machine, il y avait plusieurs bocaux où on pouvait voir les différentes phases de la transformation de nourriture. La machine était nourrie 2 fois par jour, et elle faisait une crotte à chaque jour à la même heure... J'avais déjà vu plus chic. Le pire était l'odeur que tout ça dégageait....uuuuhhhh. Plusieurs pièces d'art portaient en dérision la religion et des faits historiques. Il y avait également des trucs plus légers et joyeux. Certains concepts étaient vraiment originaux et bien pensés. Après réflexion, je crois que j'ai plus aimé que pas aimé. J'ai aussi beaucoup aimé la visite à la microbrasserie affiliée au musé (ils font la "Moo Brew", une des meilleures bières que j'ai goûté en Australie), ainsi que la dégustation de vins au vignoble également affilié. Ensuite, nous avons mis le cap vers la péninsule de Tasman, à l'Est. On voulait aller visiter entre autres Port Arthur, qui est une ancienne colonie pénitentiaire, active de 1830 à 1877. Paraît que c'était la prison la plus redoutée de tout l'empire Britannique à l'époque. Quand nous sommes arrivés dans les alentours de Port Arthur, il faisait déjà nuit et il pleuvait. On avait passés les 2 derniers jours complets dans la petite tente (notre tente de route) et on en avait marre. On a donc décidé de louer une cabine pour la nuit. Finalement notre cabine s'est plutôt avérée être une petite maison avec salon, cuisine équipée (avec un petit four!), chambre à coucher avec lit confortable et une salle de bain. Le plus beau: il y avait un foyer dans le salon. C'était décoré comme une maison de grands-parents. C'était réconfortant. Quand on s'est levés le lendemain matin, il pleuvait comme il pleut en Tasmanie, c'est-à-dire pas mal. Ce n'était donc pas une bonne journée pour visiter Port Arthur. On a décidé de louer la cabine pour une journée de plus vue les circonstances, mais aussi parce qu'on était bien. On pouvait passer une journée tranquille à la maison, à cuisiner, regarder la télévision, tout en faisant un feu dans le foyer. Ça faisait longtemps pour nous et on l'a réellement apprécié. La journée suivante, nous sommes allés visiter le site historique de Port Arthur. Le site est sur le bord de la mer et il y a plusieurs anciens bâtiments de la colonie, la plupart maintenant en ruine en raison d'incendies. J'ai trouvé cela intéressant. Il y avait beaucoup d'information, trop pour ce que je pouvais assimiler en une journée. Pour ceux qui aiment l'histoire, c'est à voir. J'ai appris que beaucoup des détenus expatriés en Australie par l'Angleterre, n'étaient pas nécessairement de vrais criminels. À cette époque, il y avait une crise économique et une famine en Europe. Beaucoup de gens avaient du mal à survivre et devaient voler pour y parvenir, risquant de se faire déporter en Australie pour avoir voler un pain. Souvent, les sentences et les temps de détention étaient prolongés, pour des supposées offences telles avoir répondu de façon irrespéctueuse à un garde. En réalité, c'était du "cheap labor" pour l'Empire Britannique, puisque les détenus fabriquaient plusieurs produits comme des souliers et travaillaient dans des mines de charbon. C'était la vie dure. On comptait beaucoup d'Anglais dans les prisonniers, mais aussi des Irlandais et même quelques "French Canadians" fervents du mouvement des Patriotes. Il y avait aussi une prison de garçons. Le plus jeune détenu avait neuf ans et avait été condamné pour avoir volé des jouets (!). L'histoire de l'Australie est grandement marquée par la déportation de forçats d'Europe. C'est comme ça que ses terres se sont peuplées. Il y avait également des gens libres qui décidaient de leur plein gré de s'y établir ainsi que des soldats qui désservaient la couronne britannique, mais c'était principalement les détenus qui peuplaient les premières colonies. L'arrivée des "convicts" (détenus en anglais) empreigne l'ambiance en Tasmanie où il y a plusieurs références aux "convicts". C'est drôle parce que si on regarde aujourd'hui comment l'Australie s'en tire sur le plan mondial, on pourrait dire que c'est pas mal pour une bande de bandits... Nous avons conclut notre séjour en Tasmanie par 2-3 jours dans un festival, le "Jackey Marsh Forest Festval". Jackey Marsh est une vallée au nord, à la base du "Tasmanian Wilderness World Heritage Area". L'endroit conserve un héritage naturel significatif. Beaucoup d'efforts sont mis en place pour que le paysage maintienne les caractéristiques de l'Australie rurale du 19ième siècle. Il n'y a pas de lignes électriques ni d'agriculture intensive qui y est pratiquée. Tous les habitants de la vallée utilisent des sources d'énergie alternatives pour leurs besoins domestiques. Deux fois par année, un festival est tenu dans la vallée de Jackey Marsh pour célébrer et promouvoir la nature et les valeurs pour la conserver.  Une fois sur place, nous étions étonnés du peu de monde qu'il y avait. Toutefois, on s'est fait dire que tout est de petite envergure en Tasmanie. S'il y a 10 personnes à un événement, l'événement en question est un succès. Nous étions tout de même quelques centaines, mais comparativement à Confest... c'était autre chose. Il y avait des spectacles de musique et quelques ateliers. Il y avait également plusieurs randonnés organisées dans la nature environnante. Il y avait beaucoup de belles activités pour les enfants, ainsi l'ambiance était très familiale. Le premier bon show auquel nous avons assisté était Guthrie, un duo de Tasmanie. J'ai trouvé cocasse quand le chanteur a annoncé de sa voix rock ténébreuse: "This song is about convicts and shit". Nous avons découvert de bons groupes australiens durant ce festival tels "Mista Savona", "Bombay Royale", " The Woohoo Review". Ils étaient tous un à la suite de l'autre durant la grosse soirée du samedi. On a dansé et on s'est bien amusé durant le spectacle. Pour le reste du festival, c'était ordinaire, la musique ne rejoignait pas toujours nos goûts et les ateliers étaient plus ou moins bien montés (du moins ceux auquel j'ai assisté).  Toutefois, l'endroit était superbe. C'est dans une tempête de vent et pluie que nous avons quitté le Jackey Marsh Forest Festival pour aller vers Devonport, prendre le traversier pour regagner le Mainland.

Entre 2 plages sur Bruny Island. Celle à gauche était l'habitat de plusieurs "fairy penguins".

Point de vue durant une randonnée sur Bruny Island.

Off road toujours sur Bruny Island, le lit  attaché sur le toit de notre voiture.

Le traversier qui fait la navette entre Melbourne et la Tasmanie.

Les vacances étaient terminées et nos porte-feuilles nous faisaient comprendre qu'il était temps de se trouver un autre boulot. Le temps des vandanges approchait. Notre première idée était d'aller dans le South Australia, là où il y a plus de la moitié de la production vinicole australienne. Nous voulions mettre le cap vers Coonawarra valley ou Barossa valley, qui sont des régions réputées pour le vin, afin de trouver un travail dans un vignoble. Pour s'y rendre, nous avons fait un détour pour passer par la "Great Ocean Road". Selon moi, le détour en a valu la peine. On a vu des paysages splendides tout le long. J'aime beaucoup la couleur de l'océan en Australie. Sur la côte, l'eau est d'un bleu turquoise profond. On a aussi eu la chance de voir des koalas! Il sont tellement mignons et fluffy. On avait juste envie d'en serrer un dans nos bras et de faire la sieste avec eux. Une fois arrivés aux alentours de   Coonawarra valley, à Penola plus précisément, on s'est rendu compte que l'endroit était vraiment moche. De plus, il n'y avait pas de boulot dans la cueillette de raisins qui s'annonçait dans un court délais, ni tout autre boulots décents. Sur Internet, nous avions vu une annonce qui disait qu'une agence à Margaret River cherchait 250 cueilleurs de raisins. Margaret River était complètement à l'autre bout du pays, dans le sud du Western Australia. Néanmoins, nous considérions de plus en plus cette possibilité. Nous avons téléphoné à l'agence pour vérifier si l'annonce était toujours à jour, avant d'amorcer un 3-4 jours de plus en voiture. On nous a répondu que l'agence engageait depuis quelques jours ainsi que dans les jours à venir. De plus, c'était du travail payé à la quantité ("piece work") et non à l'heure. C'était le genre de boulot qu'on cherchait puisque normalement nous faisions plus d'argent de cette façon dans le "fruit picking". Ainsi donc, nous avons pris la direction de Margaret River, qui était à 3 200 km d'où on repartait. Faire de la longue route, ça use. D'autant plus que notre char était plein à craquer.  À Young, on s'était acheté un vrai matelas de lit en foam, vraiment confortable (c'est important de bien dormir et de ménager son corps, particulièrement en travaillant dans le "fruit picking"). On aime beaucoup notre lit et on ne regrette pas notre achat. Toutefois, il nous embête quand on fait de la route car il prend tout l'espace dans notre voiture... Un beau côté à l'Australie est qu'il y a de nombreux rest area sur les routes, où il est permis d'installer une tente pour la nuit, ainsi que des barbecues électriques pour cuisiner. Vraiment pratique sur un road trip. Nous voulions arriver à Margaret River le plus rapidement possible, pour s'assurer d'un job dans le picking de raisins. Ainsi nous roulions toute la journée, jusqu'à la tombée de la noirceur où on s'arrêtait à un rest area et y installait notre tente pour la nuit. Le matin on remballait le tout et reprenait la route. Un de ces matins, dans le South Australia, nous n'avons pas remarqué l'affiche qui annonçait que la prochaine station service était à plus de 200 km... nous venions juste de nous réveiller et nos sens n'étaient pas encore à leur pleine efficacité. De plus, nous ne connaissions pas encore bien la course de l'aiguille qui indique le niveau d'essence... Elle fait un sprint rendue au dernier quart.   On ne le savait pas encore, mais la veille avant de s'arrêter, on venait d'entrer dans les plaines du Nullarbor. Il s'agit de terres arides ou semi-arides, avec peu ou pas d'arbre, peu ou pas d'habitants , qui s'étend sur 1100 km entre le South Australia et le Western Australia.   Christian et moi on se disait: «Hey, tu trouves pas que ça ressemble à Compton?» C'était notre running gag en Australie à chaque fois qu'on arrivait dans un nouveau décor. Puis notre lumière pour indiquer que le niveau d'essence est très bas s'est allumée. Puis, on a vu sur un panneau d'indication que le prochain village, qui était plutôt la frontière entre le South Australia et le Western Australia (WA), était à 120 km... On s'est alors dit qu'il était certain que nous alions manquer d'essence avant d'atteindre la prochaine station service, et que le sachant d'avance, ça ne servait à rien de paniquer... même si on se trouvait dans un désert et que nous n'avions pas croisé une voiture depuis le début de la journée. Au moins on avait de l'eau et il était tôt donc il ne faisait pas encore super chaud...  Notre char s'est arrêté à 60 km avant d'atteindre la frontière du WA.  On voulait crier notre besoin sur une pancarte et l'afficher aux rares passants. On avait un marqueur, mais étonamment pas de cartons. Ainsi nous avons écrit: "Help, we need gaz", en gros feutre rouge sur notre plus grande planche à couper les légumes. Nous étions au milieu de nulle part, mais du moins les passants étaient entraidants. Toutes les voitures ce sont arrêtées pour nous offrir de l'aide, quoique dans un désert, c'est la moindre des choses selon moi. Il a fallu 30 minutes pour qu'un gentil homme nous offre ce dont nous avions besoin. Il nous a donné un bidon de 5 litres d'essence. Nous avons pu nous rendre de justesse à la prochaine station service. En fait, nous avons fait les 500 derniers mètres sur le neutre pour nous arrêter tout juste à côté de la pompe. Ouf! C'est beau la chance!  Cela a ajouté un peu de "thrill" sur notre long chemin. Néanmoins on ne poussera pas notre chance et on ne le refera pas. À la pompe en question, le prix de l'essence était à près de 2$ le litre. Damn! Ce n'était qu'un début. Bienvenue dans l'Outback!  Aussitôt la frontière du WA traversée, on s'est mis à ressentir la vraie chaleur. C'était donc là qu'elle se trouvait.  Jusqu'alors, j'avais eu plus souvent froid que chaud en Australie.  Mais là l'air était pesant. Finalement on a fini par arriver à Margaret River. On s'est aussitôt présentés à l'agence en question... pour se faire dire  qu'ils venaient d'engager tous les cueilleurs dont ils avaient besoin pour le moment. Néanmoins, on pouvait s'inscrire sur une liste de rappel ou se présenter très tôt le matin, si jamais certaines personnes ne se présentaient pas comme prévu.  Nous avons retrouvé un couple d'amis qui travaillait à cette agence (PC et Marie!). Ils nous disaient que ce n'était pas la grosse affaire, car il y avait tellement de personnes engagées qu'au bout du compte ils ne travaillaient que 2-3 heures par jour puisque les champs se vidaient vraiment vite. C'était quand même mieux que de ne pas travailler du tout, en attendant de trouver autre chose... On s'est présentés les matins qui ont suivi, se levant à 3h30 du matin pour être à l'agence vers 4h00-4h30 a.m. C'était ridicule. Nous étions au moins une cinquantaine de backpackers à attendre, en espérant obtenir du boulot. À chaque fois on revenait bredouille.  J'ai finalement travaillé 2 jours pour l'agence, grâce à notre couple d'amis qui m'ont aidé à entrer dans la crew.  J'ai alors constaté que c'était du gros caca, même si j'avais été avertie au préalable. La job de picking n'est pas si mal en tant que telle, mais l'organisation était à chier. Tout était fait en sorte que l'agence fasse beaucoup d'argent, mais pas les cueilleurs. Ils nous faisait perdre tellement de temps, alors que dans ce genre de travail, le temps c'est de l'argent. J'étais outrée de devoir me lever à 4h00 du matin alors qu'en réalité on ne commençait pas avant 6h30, pour finir vers 8h30-9h00. De plus, ils baissaient le prix payé par "bucket" cueilli, lorsqu' arrivait le temps de nous payer. C'était une sorte de système d'exploitation de backpackers. Néanmoins, il y avait tellement de backpackers en quête de travail sur place, qu'ils n'avaient aucune difficulté à trouver de la main d'oeuvre. Ce qui est dommage est que 90% des vignobles de la région, et il y en a beaucoup à Margaret River, font affaire avec ce type d'agence.  Margaret River était bondée de Français. J'avais l'impression que la population de Français surpassait celle des Australiens. Si là où sont les cerises sont les québécois, et bien là où sont les raisins sont les Français.  Nous sommes allés nous présenter dans les vignobles indépendants pour offrir nos services,mais nous étions alors tard dans la saison. Nous avons passé deux semaines à Margaret River, en espérant avoir un retour d'appel pour du travail.  Notre séjour y fut tout de même agréable car c'est un très bel endroit. En plus des nombreux vignobles, il y a plusieurs belles plages naturelles. Apparamment, c'est un paradis pour les surfeurs. Toutefois, notre séjour aurait été plus agréable si on y avait trouvé ce qu'on recherchait avant tout: un boulot.  Durant ces deux semaines, nous sommes restés sur un terrrain de camping. L'endroit était bien, il y avait plein d'oiseaux et les accomodations étaient décentes.  Par contre, on s'y est fait envahir par les fourmis. Elles ont pris notre voiture (notre garde-manger) en possession et il a fallu procéder à plusieurs exterminations. C'est à ce camping que nous avons pu voir de près nos premiers kangourous, après 4 mois en terre australienne. On avait vu des wallabys en Tasmanie, qui sont apparentés aux kangourous, mais ce n'est pas la même chose. On avait vu également beaucoup de kangourous morts sur le bord de la route en traversant le pays. Le nombre était assez incroyable. Dans le Nullarbor, ça sentait le kangourou mort... je peux rapidement identifier cette odeur dorénavant. Bref, j'étais vraiment contente de voir des kangourous en action. Il y avait 2 familles qui venaient brouter l'herbe au camping en soirée. Il y avait de jeunes kangourous, dont un toujours dans la poche de sa maman. Ils sont si beaux et particuliers avec leurs pattes arrières massives et leurs toutes petites pattes avants. Un kangourou qui se gratte, c'est très drôle. On pouvait les observer de près, mais pas trop car il y avait dans le tas un gros mâle aggressif et tout en muscle. Ça peut être violent un kangourou... Ainsi, deux semaines ont passé et il y n'y avait toujours pas de job qui se présentait à nous. On s'est donc résigner à cueillir des poires à Donnybrook, car le fossé monétaire était de plus en plus profond. Même si on ne faisait rien d'extravagant, juste vivre faisait disparaître l'argent gagnée au préalable et le trajet nous avait ruiné avec le coût de l'essence. J'étais loin d'être enthousiaste à l'idée de cueillir des poires. Moi qui avait détesté cueillir des pommes, on me disait que les poires étaient encore pires... Mais rendu à ce point, nous n'avions pu le choix. On s'était fait engagés avec notre couple d'amis à une petite ferme qui cultivait des poires, des melons et des citrouilles.  La ferme était nouvellement prise en charge par un jeune couple bien gentil et nous pouvions vivre à même la ferme, ce qui était un avantage puisqu'ils n'y avait pas d'accommodations décentes et abordables à Donnybrook.  Le picking de poires était réellement difficile, du fait que les poires sont lourdes, les branches grafignent en masse et qu'il y a souvent des nids de guêpes dans les poiriers.  Le plus difficile était la chaleur intense. Le soleil était ardent.  Avant d'aller dans le WA, je n'avait jamais vu au ciel aussi bleu. Pas un nuage. Durant nos six semaines dans le sud-ouest australien, nous n'avons pratiquement pas eu de pluie, à peine une heure de légère pluie.  On appréciait la belle température, mais c'était vraiment difficile de travailler à l'extérieur, à près de 40 degrés celsius. On suait nos vies. Il fallait prendre une pause de 12h00 à 16h00 car c'était presqu' inhumain de travailler dans cette chaleur incoyable. Ainsi nous travaillions la majorité du temps de 6h à midi, puis reprenions à 16h00 jusqu'à ce que le soleil se couche, vers 19h00. Les journées étaient longues. On gagnait des sous, mais ce n'était pas la grosse affaire. Jusqu'alors, c'était le travail le plus difficile que j'avais fait de ma vie. Je m'encourageais en me disant que c'était bon pour la force personnelle de connaître ce que c'était le travail vraiment dur, au moins une fois dans sa vie. J'ai aussi développer une tendinite à chaque poignet en cueillant les poires.... ça c'est moins bon. Ce fut une période difficile, la plus difficile en Australie.  Nous étions en plein dans le mois de mars et il a fallu se rendre à l'évidence que nous n'avions pas les ressources financières pour faire notre voyage en Asie, tel que nous l'avions imaginé au départ.  Notre plan initial était de voyager en Asie du Sud-Est de mars à juillet, ce qui allait être le summum de notre périple.  Nous étions alors à la mi-mars et les circonstances antérieures avaient fait en sorte que cela était maintenant devenu irréaliste. Ça n'aidait pas au moral. Puis j'ai appris que l'état de santé de mon chat se dégradait. Juste avant de partir, le vétérinaire m'avait appris qu'il était atteint d'une insuffisance rénale chronique (condition qui se précise chez les chats seulement lorsque 70% des reins est atteint apparamment)... Mon chat était alors rendu à un stade où les malaises devenaient de plus en plus importants et souffrants. Il a fallu abréger ses souffrances et le faire euthanasier. J'étais triste de la nouvelle et surtout de ne pas être présente dans les derniers moments de vie de mon chat, alors que lui m'avait suivi tout au long des 10 dernières années, période plutôt mouvementée dans ma vie de jeune adulte.  Ce qui me réconfortait était qu'il avait été entre de très bonne mains durant cette dernière période de vie (Énorme merci à Martine, je ne pouvais trouver meilleure personne pour garder mon Kao). Repose en paix mon mimine, Kao de son vrai nom.   Avec la mort de mon chat, j'avais le sentiment qu'il n'y avait plus grand chose qui me forçait à revenir dans le délais d'un an établi au départ... autre que ma place en tant qu'ergothérapeute dans l'établissement où je travaillais avant de partir depuis 3 ans.  Il avait été convenu avec mon employeur que j'allais être sur la liste de rappel suite à mon congé sans solde. Ainsi il n'y avait pas de travail assuré pour moi à mon retour.  J'étais en train de réaliser ce dont je rêvais depuis des années et m'imaginais mal revenir sans avoir  fait mon voyage en Asie du Sud-Est... pour une job. J'avais mis beaucoup d'efforts dans la réalisation de ce projet et c'était maintenant ou jamais.  J'ai discuté de mon tracas avec mon chéri et l'idée de prolonger l'aventure (travailler plus longtemps en Australie pour réaliser le trip en Asie) nous tentait de plus en plus. Chris avait cependant 2 engagements importants: son chien et son cours de charpenterie-menuiserie en août 2012.  Son chien, Luna, était alors gardée par un couple d'amis au BC et on ne pouvait leur demander de la garder plus longtemps.  Cependant, les anges que Chris a comme parents ont accepté de la garder jusqu'à notre retour (un gros merci à Marilyn et Martin pour la garde de Luna et gros bisoux à Monique et Réjean qui ont pris la relève).  Puis, il a été possible que Chris reporte son entrée pour son cours à la session suivante.  J'aime croire que c'était la bonne chose à faire car finalement tout s'est placé de façon à ce que nous puissions procéder à notre nouveau plan ... à l'exception de ma job antérieure qui est compromise.  La convention syndicale dit qu'une employée comme moi ne peut avoir un congé sans solde de plus d'un an (la convention c'est la convention).  Qu'à cela ne tienne,  j'aime croire qu'il vaut mieux suivre son coeur et que la vie fait habituellement bien les choses...

The 12 Apostles sur la Great Ocean Road, Victoria
Un Koala qui fait la sieste
Coucher de soleil quelque part dans le South Australia
Les panneaux dans les Plaines du Nullarbor
Durant notre panne d'essence, dans le Nullarbor

Une des belles plages de Margaret River
Le picking de poires à Donnybrook

Notre contrat de poires est arrivé à sa fin après environ 3 semaines de dure labeur. Nous avons eu droit à un barbecue-festin préparé par les propriétaires de la ferme, qui démontrait bien leurs origines italiennes.  Nous étions loin des hot-dogs de Young.  Durant notre séjour à Donnybrook, nous avons également retrouvé notre ami kiwi-australien, Jason, avec qui nous avions également cueilli des pommes à Kelowna l'automne dernier. Il s'est avéré que la ferme sur laquelle nous cueillions des poires se trouvait à 10 minutes d'où il habitait. Un autre exemple que c'est un bien petit monde.  Il vivait à côté d'un lac  privé plein de marrons. Les marrons sont une sorte d'homard d'eau douce et on ne les trouve que dans le sud-ouest de l'Australie.  C'est délicieux, mais ça se vend à un prix de fou sur le marché.  Grâce à Jason, nous avons pu goûté à ces fameaux marrons gratos! Nous nous sommes régalés! Merci Jason! Nous avons également revu un autre de mes amis Australien, Steen, que j'avais rencontré à Montréal dans le temps de mes études. Il nous a accueilli chez lui, en banlieu de Perth, le temps d'un week-end. Steen s'est avéré être un  hôte et un guide très généreux et dévoué. Ils nous a amené à plein d'endroits intéressants et magnifiques. Nous sommes allés dans les clubs de Perth le soir de la St-Patrick. On ne le savait pas mais la seule pièce d'identité acceptée dans les bars pour les touristes est le passeport... On n'avait pas amené nos précieux passeports avec nous, ainsi un seul  bar a bien voulu nous laisser entrer,  le genre de bar où on n'aurait probablement pas mis les pieds s'il avait été autrement. Steen nous a aussi amener faire du " sandboard" sur les dunes de sable blanc à Lancelin, visiter le désert des Pinnacles reconnus pour ses formations de calcaire qui surgissent du sable et déguster une bonne Little Creatures (une de nos bières préférées en Australie) à la méga brasserie qui la concocte à Fremantle. Tout ça en 2 jours. Un gros merci à Steen pour ce beau week-end!  Une des choses qui m'a étonnée était la petitesse de Perth, je m'attendais à une plus grosse ville, pour la capitale du Western Australia. De loin, on voit 4-5 gros bâtiments et ça, c'est Perth.  Il y a tout de même 1,7 millions de gens qui y vivent, ce qui fait la 4ième ville la plus peuplée d'Australie. Nous étions alors sur la fin de notre séjour dans le WA. Nous avons vraiment trouvé cette partie du pays splendide. Les paysages sont variés, les couleurs sont vivent et la température exceptionnelle (du moins durant la période où nous y étions). Nous n'avons vu que la partie sud de cet immense état et apparament que la partie nord est encore plus belle.

Steen et Chris durant l'activité de sandboard à Lancelin

Petit arrêt à Esperance, sur la route vers Gayndah. Moi avec un jeune kangourou peu farouche.


Nous avons hésité un moment à quitter le WA.  Nous voulions trouvé un bon plan pour le travail. Il y avait le picking de pommes  à venir dans le WA, mais la durée était courte pour chacune des variétés de pommes et cela demandait à ce que nous changions souvent de ferme. Nous n'avions pas de contacts et les accomodations pour travailleurs étaient rares dans la région. Nous avions déjà fait une tournée des fermes de pommes dans le secteur de Donnybrook, et la plupart des fermiers avaient une liste d'attente tellement les backbackers étaient nombreaux dans le secteur cette année, ce qui était inhabituel (les innondations sur la côte Est ont probablement causé la déportation des backbackeurs vers l'Ouest).  Notre autre plan était de faire la saison de mandarine dans le Queensland. Plusieurs de nos amis qui l'avaient fait auparavant nous disaient que c'était pas mal payant. De plus, nous avions travaillé avec des Français durant le temps des poires, qui eux avaient travaillé à une bonne ferme d'agrumes l'an passé, ferme qui offrait de bonnes accomodations pour seulement 3 $ par jour.  Ils nous ont refilé le contact, ce qui nous offrait une belle option. La saison de mandarine dure généralement d'avril à août. Cela concordait bien à notre nouveau plan: travailler 4 mois de plus en Australie pour voyager 4 mois en Asie du Sud-Est, avant de rentrer au Québec à temps pour passer le temps des Fêtes avec la famille et les amis.  Cueillir des mandarines me rendait un peu craintive. J'avais souvent reçu comme commentaire des gens qui l'avaient fait auparavant que c'était difficile.  On m'avait dit que c'était lourd (plus le fruit est petit, plus le sac est plein, donc c'est plus lourd à porter) et que les arbres étaient remplis d'épines et de grosses araignées (mais non-dangereuses). Néanmoins j'avais fait les poires, donc j'étais maintenant une tough une dure.  En plus de m'endurcir à tous les niveaux, la saison de poires m'avait également permis de gagner plus d'assurance et de rapidité avec mon échelle. Je me considérais depuis comme une cueilleuse décente et me sentais capable de faire le picking de mandarine. Néanmoins, nous hésitions aussi en raison de la température, car nous entendions aux nouvelles que la côte Est du pays avait subit d'importantes innondations. Nous craignions de quitter la parfaite température du WA pour aller se faire noyer à l'autre bout du pays. Toutefois, on entendait aussi que la saison des pluies tirait sur sa fin. Ainsi, nous avons finalement pris la décision de mettre le cap vers Gayndah, dans le Queensland, là où il y a beaucoup de fermes de mandarine. Gayndah s'avérait être le meilleur plan pour gagner et économiser de l'argent, si nous réussissions à trouver un bon job. Le timing était parfait et nous avions quelques références.  Cela impliquait  retraverser l'Australie une deuxième fois, soit faire une semaine sur la route.    Quelques jours avant notre départ, nous avons reçu un appel d'un vignoble à Margaret River qui nous offrait quelques jours de travail par-ci par-là dans les semaines à venir. Ce n'était rien de stable et constant. Nous y avons travaillé 2 jours, afin de payer une bonne partie de l'essence nécessaire pour nous rendre à Gayndah (4600 km à faire). Nous y avons fait un peu de picking de raisins et surtout du tri de raisins. Le picking allait bien, mais le tri de raisins c'est encore pire que le tri de cerises.  Cela se passait comme suit: Après avoir passé dans une machine qui détache les raisins de la grappe, les raisins étaient étalés sur une table vibrante, qui faisait bouger les fruits tout en conservant le jus, vers une autre machine. Nous étions une dizaine de personnes debouts autour de la table vibrante et nous devions enlever tout ce qui n'était pas bon pour le vin, en majorité ce qui était vert comme les bouts de feuille ou de grappe qui restaient, mais aussi des coquerelles, des escargots, des araignées, des abeilles... Il y avait des raisins cueillis à la main et des raisins cueillis à la machine. Les raisins cueillis à la main étaient généralement propres, on y retrouvait habituellement que des escargots ou des coquerelles une fois dispersés. Par contre, dans les raisins cueillis à la machine, on retrouvait toutes sortes de choses, dont des grenouilles mortes et même un rat. Cibler les mauvais trucs alors que tout vibre était particulièrement dérangeant pour les yeux. Impossible de focuser à long-terme.  Depuis cette expérience, je soupçonne qu'il y ait un petit pourcentage de jus d'escargot dans le vin, car les escargots ne sont pas toujours évidents à identifier dans cet environnement vibrant. Ils ont une texture et une couleur semblables à celles des raisins sans peau.... Cheers! 

Nous sommes présentement à Gayndah depuis la fin mars. Nous avons trouvé un bon boulot  dès notre arrivée, à la ferme d'agrumes avec les accomodations à 3$/jour. C'est de loin le meilleur campement que j'ai connu, de tous mes boulots sur des fermes depuis la dernière année. Nous y sommes bien installés, bien traités et travaillons fort pour réaliser notre voyage en Asie du Sud-Est.  Un blog sur notre réalité à Gayndah suivra prochainement.  Ce blog sera définitivement plus court que celui-ci (j'espère ne pas vous avoir perdu...), car sincèrement il ne se passe pas grand chose à Gayndah... À bientôt!




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